Figures locales

Urbain Grandier

Urbain Grandier (1590-1634)

À la fin du XVIe siècle et début du XVIIe siècle, Loudun, place protestante, connaît probablement l’une des périodes les plus fastes de son histoire.
Catholiques et protestants se partagent la cité et participent à sa prospérité.

Cependant, entre 1630 et 1634, la grande affaire des Possédées met la ville de Loudun sous le feu des projecteurs. Un homme est au cœur de ce scandale : Urbain Grandier.
Le poète Scévole de Sainte-Marthe, le journaliste Théophraste Renaudot ou l’astronome Ismaël Boulliau, ces contemporains d’Urbain Grandier sont plus ou moins proches du prêtre. Ismaël Boulliau, probable vicaire d’Urbain Grandier, le présente toujours comme un homme « qui avait de grandes vertus mais accompagnées de grands vices, humains et néanmoins naturels à l’homme ».

Urbain Grandier naît autour de 1590 à Bouère en Anjou. Il est alors ordonné novice chez les Jésuites en 1615. Ces derniers bénéficient de la paroisse de l’église Saint-Pierre-du-Marché à Loudun. Ils y font nommer Urbain Grandier qui n’a alors que vingt-sept ans et qui obtient là sa première cure.

Très vite, ses sermons marqués par sa liberté de ton attirent les foules à l’église Saint-Pierre-du-Marché. Son éloquence et son comportement suscitent à la fois admiration et agacements :
Il est en même temps nommé chanoine de l’église royale et collégiale de Sainte-Croix de Loudun. Le carme Jean Mignon, voyant ce poste lui échapper, devient un ennemi d’Urbain Grandier.

Très lié au poète Scévole de Sainte-Marthe qui l’introduit dans la bonne société loudunaise, il lui ferme lui-même les yeux à son décès en 1623. À cette occasion, il écrit et prononce une oraison funèbre très remarquée par de nombreux érudits, assurant ainsi sa renommée.

En 1618, lors d’une procession dans les rues de Loudun, il vole la préséance à Armand-Jean du Plessis, prieur de Coussay, évêque de Luçon, alors au plus profond de sa disgrâce auprès de Marie de Médicis, mais futur cardinal de Richelieu.
Ce dernier s’en souviendra peut-être, pour le plus grand malheur d’Urbain Grandier…

Après le décès de Scévole de Sainte-Marthe, Urbain Grandier et Louis Trincant, procureur du roi à Loudun, deviennent très proches. Libertin et collectionnant les conquêtes féminines, il séduit Philippe, la fille du procureur à laquelle il enseigne le latin. Celle-ci ne résiste que peu de temps aux avances du prêtre. Mais lorsque la rumeur publique prétend qu’elle est enceinte, Urbain Grandier s’est déjà désintéressée d’elle lui préférant Madeleine de Brou, orpheline de bonne naissance dont il a la charge spirituelle.
Madeleine lui réclame le mariage pour pouvoir vivre ouvertement leur union, Urbain Grandier écrit alors un essai sur le célibat des prêtres. Il entend prouver à Madeleine la sincérité de ses sentiments, tout en démontrant aux autorités cléricales que le mariage d’un prêtre n’est pas impossible. L’essai, fortement inspiré par les théories protestantes sur le mariage, pèsera lourdement au moment de son procès.

Le déshonneur jeté sur sa fille et sa famille mène Louis Trincant à concevoir une haine sans demi-mesure contre Urbain Grandier, et il est un de ses premiers accusateurs dans l’affaire qui scellera le sort du prêtre.

Lire : Les Possédés de Loudun

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