Figures locales

Urbain Chevreau

Homme de lettres "européen"

Il peut être considéré comme un des rares loudunais à avoir accompli dès le XVIIe siècle une carrière européenne, souligne Sylvette Noyelle, de la Société historique du Pays Loudunois.

 

Urbain Chevreau est né le 20 avril 1613 à Loudun du peintre vitrier Antoine Chevreau et Suzanne Rue. Les études qu’il poursuit à Poitiers lui sont profitables puiqu’il gagne la capitale à 20 ans pour y devenir avocat au Parlement.

Animé, semble-t-il, par le désir secret de se faire un nom, il se lance dans le théâtre et la littérature et finit par se faire connaître du monde des lettres grâce à “La Lucrèce romaine”, “La suite et le mariage du Cid” ou “Coriolan”, sans toutefois jamais rivaliser avec Corneille, Racine… Ce qui l’incite peut-être à venir s’installer à Loudun, où il continue à écrire : poésie française et latine, romans, traités de morale… En 1652, il quitte de nouveau la terre loudunaise pour rejoindre Stockholm et la cour de Christine de Suède. Il entâme alors de nombreux séjours au royaume de Danemark, à Vienne, Kassel, Hanovre et Heidelberg, où, à la demande de l’électeur Palatin, il favorisera la conversion au catholicisme de la princesse électorale en vue de son mariage avec le frère de Louis XIV.

La réussite de cette mission lui vaut d’être nommé précepteur du Duc du Maine, fils de Louis XIV, et de Madame de Montespan.
En 1685, il décide de quitter définitivement la capitale, et de s’installer dans une grande maison loudunaise, dont on retrouve encore les traces rue des Mathurins et rue des Capucins. Il yconstitue une très importante bibliothèque, devenue propriété des moines de Saint-Jouin-de-Marnes après sa mort, et vit au milieu de 3000 tulipes qu’il fait venir de Hollande. Il y achève sa formidable “Histoire du monde” en huit volumes, un projet d’une trentaine d’annèes finalisé en 1686.
Il décédéde en 1701 à l’âge respectable de 88 ans.

Une rue à son nom

Il reste de lui la plaque de cuivre qui marquait sa sépulture dans l’église Saint-Pierre et une rue, inaugurée en 1841 quand la municipalité a décidé d’aménager la place Scévole.
La littérature française ne l’oublie pas puisque ses tragédies font régulièrement l’objet de mémoires à la Sorbonne.

Texte : Marie-Pierre Pineau

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